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mercredi 18 juillet 2012

Oujda, la perle de l’oriental.


Oujda,

Sur les 600 km qui séparent Casa d’Oujda,  la route est parsemée  de villes, faubourgs  et villages affublés d’appellations dignes d’un couloir d’asile psychiatrique du moyen âge.  Rass Tamtam, Lebhalel , Melouia et autres sobriquets empruntés au vocabulaire populaire désignant des handicapés en  tous genres. . .ça n’était plus une route mais un défilé de fantômes borgnes, culs de jatte,  débiles et autres monstruosités, apparaissant  au détour d’un cactus ou d’une colline de doum , émergeant d’un nulle part  stérile craquelant sous la canicule africaine. 

Pause pipi.

 Dans des  toilettes plus que  douteuses d’une station service.  Plus rien ne peut nous arriver, pensons-nous. Mais un petit tour dans la superette nous achève. Nous regardons consternés les orteils crasseux de la caissière.  Ce n’est pas des orteils, c est des griffes noires, rognées par les champignons,  qui nous narguent par-dessus le comptoir. Devant cette horreur, nos regards, déjà meurtris par la chaleur, se détournent, désespérés par autant de manque d’humanité. Cela dépasse de loin l’épreuve des toilettes.  Nous repartons, silencieux, malgré notre envie de lever un siège, de faire une révolution, de créer une émeute devant tant d’indécence. Cela mériterait une fatwa d’un Nahari ou autre mufti contre les caissières- aux –pieds- pourris- posés -sur –des- comptoirs. 

Je suis en sueur.


Le Soleil se couche tard pour se réveiller tôt.  Mes yeux me picotent. La lumière et le manque de sommeil  ont eu raison d’eux.  Une touffe poilue me titille le nez. Une chatte ?une chatte !  Sa petite queue  mi -rousse mi -blanche me chatouille le nez. Est-elle en chaleur ? J’espère que non je ne voudrais pas que le pauvre animal fantasme sur mon gros nez. Merde , j ai des pensées lubriques.  Ma mère m’appelle. Il est 6h du mat. Oui oui  maman, je vais bien. Je t’assure maman. Je ne suis pas non plus au pôle nord ce que je regrette profondément.  Pourquoi je n’ai pas une voix ensommeillée ? Zut ! Du coup je pénètre violemment dans les arrière-pensées de ma mère.  Les filles les filles les filles……. ah !mon fils lève-toi !ca suffit ! Va manger. Mais non maman,  c est juste que je  cherche des tongs car mes pieds se noient dans leur propre sueur ! Erreur ! Ses soupçons se confirment. Des tongs à 6h du mat ! « Ya wlidi nod tefter achmen sendala à 6h du matin ».

Je laisse tomber. 

J’enfile des sandales bonnes pour la poubelle que j’ai trouvé dans le jardin de mon hôte et je me précipite vers la mer que je voudrais déchainée.  Comble du désastre ! Ma mer  est sans vagues, désespérément plate ! Je fais quoi pour tuer le temps et m’user ? Flotter comme une bouée ? un soleil de plomb m’arrache des larmes.


 Je rentre.

 Tout seul dans  ma chambre sauna, je me débarrasse de mes fringues qui me brûlent. Mon hôte ronfle toujours.  11h passées, j évite de sortir de ma cellule  vêtu de mon seul caleçon, trainant mon service trois pièces  sans crier gare.
Un réveil familial et quelques  salamalecs plus tard, un sympathique  cortège, fait de  cousins, cousines, jeunes oncles bref toute la smala de mon pote,  s’ébranle joyeusement en  direction de la plage de Saadia. Haut-lieu de pèlerinage estival  Oujdi.

 Quelques épluchures de pastèque flottent.

Bon. Je tente ma première baignade de l’année. L’eau bleue pétrole a une odeur de caca. Le maitre nageur nous  conseille  de sortir et de prendre une douche bien savonnée car l’eau est polluée. Des messieurs, ils vont venir  faire des analyses. Où vais-je trouver du savon dans une plage ? Et qui sont les « ils » ?
Je préfère l’ignorer et faire le sous-marin pour une minute ou deux avant de m’allonger au soleil et travailler tranquillement mon cancer  tout en observant une horde de gens qui ne sont pas faits pour être à la plage.
 Juste là, à quelque pas, se trouve la petite ville algérienne Ghazawates. Il aurait été bon de parcourir les quelques mètres qui me séparent de mes amis algériens  pour un café ou un casse-croûte. Mais l’ego de nos gouvernements a fait que  de ridicules barrières, d’ailleurs   loin de  dissuader les curieux et les contrebandiers, séparent nos deux peuples. 





J’ai faim.

Après quelques pourparlers  interminables,  nous atterrissons chez ‘’Michwate Zakaria ‘’. Bouffe  infecte,  addition  plus salée que la mer morte. Nous nous sentons profondément niqués  par si « mihwate » Zakaria. Recto verso. Ça explique l’agonie du tourisme dans la région. Ici tout le monde encule tout le monde, gratos. 

Je gobe. J’avale. 

Je me dis ce soir c est Khaled et les princes du raî. Oubliées la mer caca et l’enculade du restaurateur baiseur. C’est que des incidents. Ça va être la folie, le pied. Je suis excité comme une puce à cette idée. Appareil en bandoulières, nous voila fin prêts  pour immortaliser ce moment pour lequel on a bravé les intempéries.  Au festival du Rai, la soirée de Mami a réuni 150 000 fans…directement sortis d’un film de Fritz Lung...

On fait tâche. On a l’air d’extraterrestres. On se fait tout  petits. Des regards suspicieux nous relèguent à l’écart... .Je me surprends à savourer  un moment de Zahwaniya  accompagné  d’un  « chien chaud » oujdi, le karan, un plat  à base de pain, pois chiche et œufs. Je sais que mes intestins vont  morfler par la suite. Mais je persiste.  C’est un délice.

Je m’ennuie. 

Est-ce le hot dog ?je me sens des envies lubriques .Pas de nanas  même pas à reluquer. Je cherche encore. Rien. Aucun joli gros cul à l’horizon. Elles sont où les filles ? En vacances, en mission spéciale, en voie d’extinction ? Je me sens navré.

On plie bagage. 

Ça va être nuit blanche sur la route.

Mais je reviendrai. 













vendredi 13 juillet 2012

Reflexions dans les chiottes


Je chôme par choix et non par obligation. Quelle prétention !

J ai bien tenté de rallier la masse des gens bien, des gens actifs, bien évidemment sous la pression
paternelle, maternelle, des petites amies, potes et tutti quanti.

Les recruteurs me lançaient des regards de chien battu : ‘’ tes capacités dépassent les tâches
demandées ‘’. En clair, dégage ! Postule ailleurs ! A peine j’ai le bac moi et je suis le boss depuis une
décennie et puis qu’ai-je besoin d’un trou du cul surdiplômé qui vient me foutre la zizanie !

On m’a aussi fait la fleur du fameux et très convoité entretien. L’Entretien ! Youpi, j ai un entretien !
On s’en frotte les couilles de cette porte de sésame qui a l’air de s’entrouvrir comme les cuisses
d’une vierge et ses promesses de vie conforme à la norme. Non ! Ce n’est pas ce qu’on cherche !
Et paf ! Encore une fois en clair, ton expérience, tu peux te la fourrer là où tu peux ! L’écho de ma
voix divisera le salaire auquel tu t’attendais en 2. On va te niquer pour deux sous. Une pute dans un
bordel perdu au fin fond du sud-est marocain s’en tire mieux.

Reste les conseils pertinents et généreux de mes « amis »qui, eux, ont vachement réussi dans la
vie. ‘’Ah mon pote, il te faut une grande « structure ‘’, me susurrent –ils dans l’épaule, les mains en
action pour que j’assimile le mieux possible la notion de grande et de structure. Ok. C’est bon. On va
en tâter de la grande structure. Un grand bâtiment en verre et en alu, du stuc et du toc, du marbre et
des arbres …et des travailleurs abonnés aux chiottes et à la machine à café, l air morose et désabusé.
Le seul travail héroïque de la journée consiste à vérifier des factures. Payées. Impayées. Mon séjour
fut de courte durée.

Alors je chôme à ma guise. Et ça me rend heureux. Dormir, me lever, ne pas me lever, mater des
films ou des filles, lire, écrire, chier dans Mes chiottes à moi sans avoir à me péter les genoux ou à
me déchirer un muscle à force de vouloir jouer les acrobates au dessus d’un trou de chiottes vu que
là où tout le monde pose son trou du cul j’évite d’y joindre le mien aussi. Quitte à attraper une
MST, vaut mieux baiser pour et non pas chier ! Je chôme donc en pyjama ou bien sapé. J’attends.
J’attends de voir la réussite sociale de mes potes qui se cassent les couilles à remplir les poches d’un
boss ou s’usent la salive à lécher le cul aux clients pour survivre. Je trouve que ça donne une putain
de mauvaise haleine. Alors j’attends. Ce jour -là venu, peut- être bien que je peaufinerai mon cv et
raserai ma barbe …blanchie.

vendredi 6 juillet 2012

Dans le train


Dans ce foutu train vers  Rabat, je la regarde. Elle le regarde, j’insiste   sur sa chevelure abondante et  sauvage comme l’aurait fait l homme de Cro-Magnon pressé  de   trainer sa femelle vers sa hutte pour la remplir.

  Mais son regard à elle reste accroché au look stéréotypé de gueule d’amour.  Elle se fait insistante. Elle pue  les phéromones. Je ne suis pas surpris.  Il a  la gueule d’un présentateur télé.  Beau et bien sapé. Elle n’a pas un seul regard  dans ma direction.  Je fais partie du commun des envieux de ce que nous ne serons jamais : un séducteur BCBG si détesté mais si convoité …je m’en veux.

Ce genre de mec  crée à lui seul un embouteillage à minuit.  Un rêve pour le commun des mortels que nous sommes : physique  ingrat  à la limite du boutonneux et  pompes converses d’adolescent. J’ai honte. Une voix au fond de moi persifle  sur l injustice.  De la vie bien sûr. Quoi d’autre ? Un cliché. 


Elle compte sur la force de son désir pour attirer son attention. Mais l’incarnation  du parfait intégré à la vie active  évolue dans de sphères intouchables, le regard au loin et loin du regard terre à terre de l’objet  de mon désir primitif et  loin  des spécimens toxiques en voie de décomposition  dont je fais tristement partie.  .

Je le hais, je l’envie. C’est tout.

Le chemin est long ; Assister encore  plus longtemps à ces duels  stériles de  « baise-moi si tu veux  quand tu veux » fatigue mes sens. 

Nous échouons lamentablement,  elle et moi. Elle se tasse dans son siège et ravale son regard. Je  baisse les yeux sur mon roman.  Je me masturberai  voila tout.  Peut- être. Il m’en faut plus qu’une chevelure pour m’inspirer.

Génération X. Mon livre. Bon je vous le résume :

Le soleil est ton ennemie
Nos parents s’en sortaient mieux que nous.
Nous avons assez recyclé le passé.
Ne soit jamais un cœur de cible.
Quitte ton boulot.
Meurt de préférence à 30 ans et enterre-toi à 70 ans.
Dis-toi, que ça ne peut plus durer.
Les monstres existent, tes meilleurs amis, tes amours en sont la preuve.
Ne t’accepte pas au lieu de ça accepte tes parents, c’est moins déprimant.
Les expériences vécues ne comptent pas…Achètes toi d’autres plus intéressantes.
Change de couleur.
Demandes- toi au moins une fois par jour, pourquoi tu es pauvre.
Saches que les célébrités meurent aussi, mais au moins ils ont vécu célèbres.
Tu n’es pas jaloux…juste tu crèves de jalousie.
Quitte ton corps ,surtout s’il est moche…opte pour un autre.
Oui MTV, non Aljazeera.
Transformes toi en quelque chose, mais pas en choux de Bruxelles, c’est con et moche.
L’aventure sans risque, c’est dans les parcs d’attractions.
L’argent ne se décompose jamais.
Attends. Ne pars pas …Fais-moi un bisou.