Pages

vendredi 15 mars 2013

Tout va très bien madame la marquise…


Parler soulage, dit-on. Comme les gens n’en ont rien à foutre de tes états d’âme ou font semblant de compatir d’un hochement de tête  mécanique,  l’œil ailleurs et un sourire stéréotypé plaqué sur les lèvres, je me suis dit bon allons- y, parle- toi à  toi-même … mais en écriture sinon tu vas passer pour un siphonné de la cervelle.
Il y a des jours comme ça où tout va de travers, sauf que ces jours deviennent des semaines et puis des mois, bientôt des années. A lors je me pose la grande question  qui peut paraître une jérémiade enfantine  sauf qu’elle  est là, à tourner dans ma tête, lancinante. POURQUOI ?

Tiens. Pas plus tard que ce matin, au café, je fus très contrarié par le fait de prononcer  « SEAT », la marque de voiture, comme on prononce « site » et mon ami n’a pas daigné me corriger ou me faire la remarque. Il hochait de la tête, indifférent, absorbé par les détails de son nouveau bolide. Je lui ai dit que j’avais prononcé site au lieu de Seat. Hein ? Heu …oui oui,  j’ai remarqué. Puis, juste soucieux des performances de son jouet,   il s’est replongé dans la lecture des spécificités techniques de son gadget.
Je détourne les yeux et je prends une longue aspiration. Je tente de gober un peu d’air  comme un naufragé en plein début de noyade. Un écœurant fumet nauséabond me monte au nez .Un amas d’ordures jonche mon horizon et je me dis il y a forcément des jours comme ça.
Devant l’inertie dubitative de mon compagnon de farniente, je décide d’aller consulter mon compte bancaire. Mon chèque devrait être là, me souriant à travers une vitre impersonnelle de guichet automatique.   Le compte y est.  Le même,  un moins abyssal et le chèque fantomatique. Qu’est-ce que j’espérais ?  A chaque fois que j’introduis ma carte, je sais  à l’avance que je suis irrémédiablement au  rouge. Je me sens libidineux à force de violer de ma misérable carte cette foutue fente métallique, froide et insensible. Je me fais l’effet d’un pauvre mec voulant baiser gratos et qui  chaque jour s’introduit en force dans la fente d’une prostituée réticente mais cupide, complaisante mais sur ses gardes, et qui réclame toujours son dû : ta dette devient de plus en plus lourde, mon coco. Mais tu es accro et je t’aurai. Je t’aurai.
  Je retourne au café, la queue basse et dégouté des voitures. Je me dis, obstiné, il y a des jours comme ça. Demain ça ira mieux.

Sauf que ça va de mal en pis, un gars à moitié paraplégique à moitié mon ami, renverse du thé sucré sur mon laptop et je me retrouve avec un gadget diabétique dont les touches refusent de m’obéir comme des saloperies d’allumeuses qui claquemurent leur album photo après t’avoir titillé lourdement.   Je l’étripe, le dépoussière, l’aspire. Rien à faire. Les chiffres et les lettres se transforment au gré du sucre collant qui les a investis telle une marée de pétrole engluant de pauvres albatros.  Je change mon langage et je crée des mots. J anglicise,  j’arabise, je tronque les termes réticents. yes ! ups ! 3la din mkom !

Je rentre trouver du réconfort familial.
Les proches se découvrent une nouvelle qualité consolatrice, je ne sais pas s’ils essayent d’améliorer leur karma mais personne ne te laisse tranquille. Ils veulent tous savoir pourquoi tu ne peux pas sourire comme le reste de l’humanité. Tiens, regarde ces gens à la télé ! Ils souffrent ! Ils  manquent de tout ! Et pourtant tu vois ?  ils gardent le sourire.  Bordel de merde ! C’est quoi ces foutues comparaisons ? Je n’en ai rien à foutre.  Certes, c’est  émouvant qu’un cul de jatte essaye de jouer au héros dans une téléréalité, heureux et souriant avec son petit morceau de torse frétillant comme un ver. Oui qu’est- ce que c’est émouvant ! Juste que  ça ne m’aide en rien !  Je ne veux pas en faire partie moi de ces souffre -douleurs stoïques et exemplaires. Non !  Surtout je veux sourire sans avoir à perdre un organe, un proche ou un ami. D’ailleurs je les échangerai bien, tous, contre  ‘’donne- moi quelque chose pour retrouver la joie de vivre ‘’.
Bouche en cul de poule, on te conseille de te faire suivre. Un psychologue,  ingénieux. Efficace, qui va te faire voir la vie en bleu. Pourquoi je n’y ai pas pensé avant, tout seul comme un être intelligent doté d’une cervelle et d’un minimum de matière grise ? Sauf que, primo ces putains de fouineurs de merde te pompent le sang, un sang que je n’ai pas et, deuxio, si j’avais le pognon suffisant et nécessaire pour engraisser ces arnaqueurs des esprits en détresse,  je ne serais pas DÉPRIMÉ !  Je serais quelque part, un verre à la main droite, un joint à la main gauche précipitant ma mort rien que pour venir vous hanter !
En attendant, j’attends.
J’attends un job qui tarde à venir lui aussi. Un job qui attend lui aussi que les magouilles de l’offre et de la demande lui accordent un bout de laissez-passer.
       
On me dit relax, take it easy, bro. Et ça me fait gerber des neurones. Putain ! Une société relaxée est une société qu’on baise sous toutes les coutures,  à qui l’on fait croire que  le sommet de la réussite sociale est un  cagibi ou une caisse en ferraille à crédit, ou encore une sainte-nitouche qu’on peut engrosser à souhait , satisfait de pas s’être fait arnaquer comme ce con de pote du coin qui s’est coltiné une pute . Voilà tout ce qu’on est.
Mais ça ira. Tout ira bien, je l’attends depuis un moment déjà, hier aussi, aujourd’hui et demain sûrement, l’attente devient apaisante et elle n’a d’égal que l’humiliation des jours.
Tout ira bien un jour, mais un jour .

mercredi 13 mars 2013

Éloge de l'hypocrisie


Le monde  va de mal en pis comme une garce au con décomposé débordant de générosités vicelardes. La vérité n’est plus bonne à dire. C ‘est l’apanage des tordus et des miséreux assoiffés de galères, d’illuminés à la queue ramollie.
Louange à l’hypocrite, cette pétasse affolée devant un paquet de pognon vert et gluant, puant le poisson mort.   Mais tout est bon dans le cochon. Nos sournoiseries, nos cachotteries condescendantes ne nous restent plus en travers de la gorge.  Ça devient un  devoir humanitaire de vous lécher la savate.
 Survie oblige.

Des putains de Quasimodos ou de fées Carabosse sont  élevés au rang de princes charmants ou de belles au bois dormant.  Un enfoiré de faux- cul  bavant devant des espoirs de reconnaissances sonnantes et trébuchantes sera votre frère éternel. Un rampant dégoulinant de servilité,  bon à cirer les pompes dorées d’un arriviste, passera pour un gentil gars serviable. Le  laid, on l’affirmera beau et le nul se verra excellent. Ben voyons ! Au diable la morale ! La franchise est l’apanage des cons. Un mensonge vaut mille fois mieux qu’une réalité fatale pour nous. Soyez francs et  la misère,  la solitude et l’exil vous  agrippent de leurs crochets empoisonnés pour vous entrainer aux fins fonds du désespoir. Flottons comme des merdes. C’est toujours mieux que de couler comme un sac de pierre.
Survie oblige.


Vous les écrivaillons détenteurs de la soi-disant  vérité, gardez vos brouillons  sur la morale, bande de  crétins poussiéreux.  Moisissez  en leur compagnie au fond de tiroirs  qui n’ont jamais eu à dire la vérité.  Contentez-vous de puer la naphtaline comme un vieux caftan de mégère, cloitrée derrière les remparts de la noble capitale et, bien entendu, affublée d’un patronyme de consanguins  frappés de débilité vu qu’ils s’entrebaisent pour  perpétuer la lignée pure et noble de femmes à barbe .  Oui, vous  les  balle-à -french, les rush- à–dix, les moulinets et les moulinettes, bref vous les  ben-i-oui-oui de tous bords,   le monde sait que vous avez le cul froid de tartuffes  bigots et les couilles polluées de tant d’unions incestueuses.  Et puis  tout est vérité. A chacun la sienne.  La mienne c’est de vous transporter au septième ciel dans des vapeurs séduisantes de louanges si attendues.   

Scribouillards de mes deux, déprimez !  C’est un bon signe. Votre vérité a un gout de chiottes de bons à rien. Nous, les chômeurs éculés, les  crapules sans scrupules, les fiers hypocrites, les acrobates de la pommade, nous engraissons bien mieux que les enfoirés de fauchés solitaires faméliques,  bon à se branler jusqu’au sang.   Vive l’hypocrisie,  une  sacrée vieille  pute , belle  à damner le diable, aux entrailles brûlantes où l’on s’enfonce fébrilement.  Et puis est-ce notre faute si les proies sont aussi faciles ?
Survie oblige.
Vos esprits  candides me diront : alors, pourquoi tu t’inquiètes pour le monde ?  Jongleries, bande de naïfs de pacotille. Je vous fais une confidence. Profitez-en,  ma franchise est bissextile. C’est de mon cul que je m’inquiète. J’y tiens à mon trou de balle, j’encule au lieu d’être enculé.  Mon foutre vaut mieux que le vôtre.
Survie oblige.
Quant à  vous les chiens de Pavlov, crevez de  satisfaction et frétillez de la queue ou mouillez l’entrejambe, à chaque coup  de langue, à chaque coup de reins. Les orgasmes de votre égo me font sacrément bander. 

samedi 9 mars 2013

Le 8 Mars


Putain de 8 mars…
Chères femmes en ce jour bénit du seigneur, saisissez  cette rare opportunité. Violez- nous à coups de langues au détour d'une ruelle sombre. Faites nous savoir que notre  patience n'à d'égal que votre compte courant et votre carte guichet gold platine. Vengez-vous de notre machisme acerbe. Flattez-nous.
Mais soyez généreuses : ne vous contentez pas d'une misérable fleur fanée bonne à être enfoncée là où vous savez . Ou d’un chocolat miteux et à bon marché. Non. Régalez- nous. On se fera beaux et on vous paiera de caresses pour  tant de largesses. Montrez- nous la grandeur de votre  affection, Comblez-nous  de cadeaux somptueux à la mesure de notre tendesse en préfabriqué et chantez nos louanges,  ça nous fera des putains  de complexes en moins.

Laissez  les clowns associatifs sonner le glas de «  aroujoula fikhatar » et blablater sur notre dignité  bafouée. On s’en tape les couilles désormais au service de vos  jouissances dorées.  On vous gonflera de l’intérieur. Râlez de satisfactions éphémères. Ça vous coutera cher  et à nous quelques simulations passagères.
En attendant, ronronnez dans les vaps cotonneux de  votre ego en érection. On lèchera précieusement votre cul de  baudruche frétillant de promesses de flatteries visqueuses, dignes d’une misérable fable.
On vous veut riches mais on ne vous aimera jamais.