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jeudi 8 novembre 2012

Face voilée




 Marre du web

Un leit motiv d’une banalité misérable ! Certes, mais il n’en reste pas moins vrai que trop d’amour tue l’amour. Le web, à force de l’aimer, j’en ai marre. Pas si bête que ça la chanson pop de Najat Atabou, littéralement : « même si je suis venue, j’en ai marre ! ». Et bien moi aussi Veni, Vidi même ! Mais  là, ras le bol. Je crois.
Trop de gens. L’image explose ! Le virtuel dépasse le réel ; ironie du sort ; tu te crois moins seul mais tu es lamentablement seul ! Des fantômes t’entourent.  Tes semblables. Des errants. Des insectes qui tissent leur propre linceul. Elle se la coule douce l’araignée hein ? Rien à foutre juste à vous regarder lui tomber dans la gueule.

Marre du web.

Bosser dans une boite qui  s’en  tape des réseaux sociaux. Voilà ce que je veux ! Et envoyer chier mon mur, mes « j aime », mes « partage », mes « amis » de pacotille, mes perspectives de baise, ma piété virtuelle qui ramènent plein de fans terrorisés à l’idée de pas partager la parole de Dieu, et mes illusions de poseur-posteur-penseur drôlet. Un amuseur public tout au plus.
 Balayés.



Putain, cette anémone est dégueulasse ! Un pénis sous-marin cadavérique !  Beurk. Je sais que ça n’est qu’une plante sous-marine ce z….b ( putain !la honte !je m’autocensure moi-même !) « anémonémique »et « éosiné » comme un frais circoncis. On en apprend de belles sur le web ! Ta bite existe en version zigounette de mer .De quoi perpétuer l’espèce sans ton aide misérable ? Qui a copié qui ?

C’est un truc à publier, ça. Ah, Non je ne publie rien ! Plus rien, me dis-je sans grande conviction.
 Publier pour publier .De l’exhibitionnisme. Regardez-moi. Quoi ? Je souffre, je ris, je pleure, je fume, je bois, je prie, j ai envie de baiser. Je triche. Je joue au bon samaritain : le bon petit gars qui tartine du baume sur le jour des tristounets,  des défavorisés et des mal baisées
 Ne plus rien publier pour les deux mois à venir. Me faire oublier ? De qui de quoi ? Je ne sais pas. Des gens … de moi-même, du clavier,  des 12 h quotidiennes. Je veux lire, des livres. 
Je parle à des centaines de personnes. Des connectées.et des déconnectées ! C’est une avalanche. Un tsunami d’amis. Je veux la paix.







 La paix ?

Je la trouverai dans  mon silence, mes silences que je veux expressifs, mes démons, mes anges…
C est décidé.
Je disparais des griffes venimeuses de la bête et de sa toile hypnotisante, gluante. Un piège fait de beaux yeux et de joutes verbales  …. Les sirènes d’Ulysse sont des novices devant les attraits de la bête au fil de soie. Certes, certes, certes  …

Mais  marre marre des  donneurs de leçons

Les psychologues te mettent dans la gueule les dangers du face book. Attention petit con,  tu n’es qu’un pauvre gars en quête d’affection, d’amour et  de  valorisation. On ne te connait pas  mais on sait : on t’a étudié en classe dans le cours « étude de cas. Tu  es un beau spécimen du  pauvre abruti à la recherche de la reconnaissance virtuelle auprès d’autres pauvres bougres en mal de puissance. Bref tu es l’exemple même du pauvre type faible, désorienté,  con et en manque de tout. 

OK ! Et VOUS ?

Vous, chers psys, vous avez  votre chère petite  page perverse et vaniteuse de connaisseurs de l’âme humaine  à partir de laquelle vous  distillez  vos sermons  conventionnels et vaguement freudiens. Ça lui a échappé  à Freud, cette-toile là!  Mais rassurez-vous, les psys sont là. La relève est assurée. On ne parlera plus du complexe d’Oedipe ou  d’Electre bien évidemment (depuis qu’ils ont mis ANTIGONE au lycée tout le monde  connait maintenant !) mais on décortiquera  plutôt celui du « ajoute- moi »,  du like et du share. Les parents castrateurs se sont désormais métamorphosés  en amis  colporteurs, frustrateurs, moralisateurs, et parfois même un peu psys sur les bords, au grand dam  des fouilleurs de l’âme à la Don Quichotte. 

ET ALORS ?

Soyons cons, vulgaires, obscènes, méchants, voyeurs et exhibitionnistes,  journalistes et écrivains en herbe,  pédants et importants du dimanche,   au vu et au su de tous,   sur un mur.   Profitons-en. La face  bookienne est là. Crachons- lui dessus, vomissons nos tripes,  étalons nos beuveries et nos trips. Ça nous fera des économies de divans. Sinon pour les snobinards et les  douillets, il y a le cabinet et ses 4 murs.
‘Lisez- nous sur le web et sur nos jolis sites BCBG mais parlez pas entre vous, vous allez nous mettre au chômage ».
Je mets quoi comme statut avant de dormir ?
 ENCULÉS !

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