jeudi 28 juin 2012

MON APPENDICE superflu

Après une opération chrono au bloc opératoire de la polyclinique du quartier et après un sommeil agité.
Je viens de péter …le pet révolutionnaire, le pet sujet de prière, le pet inestimable, le pet de la délivrance ! Expulsé ! Dans la douleur. Comme un enfantement. Mon environnement excédé, pousse un grand ouf ! Ça a fait chier tout le monde ce putain de pet si attendu et si tardif…. Les visages se dérident. Je suis fier de moi comme un coq. Je l’annonce au grand public …Un verre de verveine plus tard, ma récompense d’avoir pondu un bon pet, mon appendice m’est ramené, glorieusement. Les yeux mi-clos, je vois venir l’infirmier, en travelling avant, brandissant ce bout de merde comme un trophée, comme une preuve de la compétence médicale. Un appendice de plus à épingler à leur tableau de chasse.


 Mon bout d’intestin superflu est noir et rabougri. Comme de la viande mal séchée. Pas de quoi faire un plat ! Pour l’instant mes douloureuses flatulences sont les seules « pétances » qui m’intéressent, les autres petits cons en blouse blanche, je n’en ai rien à foutre. Ayeuuuu !!! Merde ! La salope ! La salope ! Putain quelle salope ! Une salope digne d’un porno manga de bas étage vient de me retirer, que dis-je, de m’arracher avec un sourire pervers une sorte de tuyau de ma plaie, violemment, comme si sa vie en dépendait …on aurait dit qu’elle tirait les viscères d’un mouton du sacrifice d’Abraham, fraichement égorgé ! Mes larmes jaillissent.
Ma mère, aux aguets, ne la rate pas. Ah ! Ma fille ! Ma fille ! C est un péché que de tirer aussi fort. Hchouma !doucement !doucement ! Tu veux lui arracher les entrailles ou quoi ?wili !Je balance mes tofs sur facebook. Ma famille ‘facebookienne’ qui avait arrêté de respirer s’active soudain. On m’aimerait donc ? Petit con ! Tu es juste un phénomène de foire. Exhibe ta cicatrice, on t’en aimera encore plus.

jeudi 14 juin 2012

مراسلكم من مراكش


Des rangées et des rangées de femmes silencieuses.

Des cafés entiers remplis de femmes. Des femmes noires, des femmes blanches, des femmes
capuccino, des femmes à hommes, des femmes à mômes, des femmes à femmes, toutes accrochées
là, enracinées, des poitrines opulentes exposées, des poignées d’amour suggestives, des jambes
croisées haut, des culs en relief, des regards prometteurs …Des centaines de filles, en rangées,
innombrables.

Tout ce joli petit monde se défonce et moi avec…

Marrakech n’a rien de commun avec les autres villes du pays, les filles sont libérées, indépendantes
et débordent d’idées nouvelles. Elles utilisent des mots genre, hbiba, loghzal, beau gosse, lfen
même si tu ressembles plus à un thon qu’à autre chose. Elles sont belles, et apparemment elles font
toutes la même chose à savoir le stylisme et le mannequinat.




« Car, comment diable un être censé peut -il apprécier d’être réveillé à 6h du matin, s’habiller, chier,
pisser, ingurgiter un petit déjeuner la plupart du temps infect, se brosser les cheveux, se brosser les
dents, haleter pour rejoindre un endroit où il fait gagner du fric à un connard , libidineux de toute
façon , qui lui demande toujours de dire merci pour la chance qu’il a ! Et pour deux réals, hbiba !»

Je vous comprends les filles, je vous comprends et je vous aime comme vous êtes…et je ne raconterai
pas combien je vous ai aimé il n’y a pas si longtemps parce que je ne saurais parler de sexe sans être
vulgaire.
Un autre jour peut-être, un jour de beuverie…

lundi 11 juin 2012

Elucubrations



Je suis et je fais. Le con. Le « concourageux ». Je résonne ou raisonne (c’est pareil) comme un
Concombre.10 minutes passées à faire la grimace devant la glace et à dénombrer mes caries .
Ma molaire malade me ronge le cerveau. J’écarte à tout instant l’idée d’aller chez le dentiste. Ouvrir
la bouche, c’est comme descendre mon caleçon et lui montrer mes couilles. Avec une femme, la
deuxième éventualité passe mieux. Rien à foutre qu’elle constate dans quel état mes couilles sont.
Mon intimité buccale non plus d’ailleurs.

Je cherche une pince et je me mets en devoir de l’arracher, cette foutu molaire. . ils font bien ça les
arracheurs de dents. Je serais le propre arracheur de mon mal. Tout vaut mieux que la folie qui me
guette si cette molaire persiste à pourrir dans ma bouche. Elle s’en vient dans un flot de souffrance
rouge cerise. Un peu de moelle osseuse avec.

Et tant pis si je manque le boulot aujourd’hui. Ma boite se passe très bien de moi. Mon non
indispensabilité crève les yeux. Mais le boss va faite croire que mon absence a mis en péril l équilibre
inhérent à la bonne marche de toute entreprise et bla bla bla . Voila l’occasion pour lui de mettre en
pratique son apprentissage grande-école- de commerce-pour- riches. Un grand speech appris par
cœur. Pour jouer le père fouettard et la maman consolatrice. ou castratrice.

Je replonge dans la tiédeur fadasse de mon lit. Une molaire et de la moelle en moins. Elle n’est pas
visible me semble –t-il, Dieu merci. Je pourrais rire méchamment, à gorge déployée, des fautes de
prononciation de mes compatriotes. Ma méchanceté me rassure. mon gars tu es meilleur que ce
petit con qui se mêle les pédales aves les i et les é , les on et les an . ce semblant de sentiment de
sécurité dure le temps d’un rire. j ai ainsi une bonne heure d’estime de moi par jour !
Je sombre. Non, je me lève prendre un café avec ma mère. Comme un vieux célibataire. On
commère sur tout ce qui bouge.
Je ne serais jamais un employé modèle et la tenue correcte me répugne.

Vivement la retraite.