vendredi 13 juillet 2012

Reflexions dans les chiottes


Je chôme par choix et non par obligation. Quelle prétention !

J ai bien tenté de rallier la masse des gens bien, des gens actifs, bien évidemment sous la pression
paternelle, maternelle, des petites amies, potes et tutti quanti.

Les recruteurs me lançaient des regards de chien battu : ‘’ tes capacités dépassent les tâches
demandées ‘’. En clair, dégage ! Postule ailleurs ! A peine j’ai le bac moi et je suis le boss depuis une
décennie et puis qu’ai-je besoin d’un trou du cul surdiplômé qui vient me foutre la zizanie !

On m’a aussi fait la fleur du fameux et très convoité entretien. L’Entretien ! Youpi, j ai un entretien !
On s’en frotte les couilles de cette porte de sésame qui a l’air de s’entrouvrir comme les cuisses
d’une vierge et ses promesses de vie conforme à la norme. Non ! Ce n’est pas ce qu’on cherche !
Et paf ! Encore une fois en clair, ton expérience, tu peux te la fourrer là où tu peux ! L’écho de ma
voix divisera le salaire auquel tu t’attendais en 2. On va te niquer pour deux sous. Une pute dans un
bordel perdu au fin fond du sud-est marocain s’en tire mieux.

Reste les conseils pertinents et généreux de mes « amis »qui, eux, ont vachement réussi dans la
vie. ‘’Ah mon pote, il te faut une grande « structure ‘’, me susurrent –ils dans l’épaule, les mains en
action pour que j’assimile le mieux possible la notion de grande et de structure. Ok. C’est bon. On va
en tâter de la grande structure. Un grand bâtiment en verre et en alu, du stuc et du toc, du marbre et
des arbres …et des travailleurs abonnés aux chiottes et à la machine à café, l air morose et désabusé.
Le seul travail héroïque de la journée consiste à vérifier des factures. Payées. Impayées. Mon séjour
fut de courte durée.

Alors je chôme à ma guise. Et ça me rend heureux. Dormir, me lever, ne pas me lever, mater des
films ou des filles, lire, écrire, chier dans Mes chiottes à moi sans avoir à me péter les genoux ou à
me déchirer un muscle à force de vouloir jouer les acrobates au dessus d’un trou de chiottes vu que
là où tout le monde pose son trou du cul j’évite d’y joindre le mien aussi. Quitte à attraper une
MST, vaut mieux baiser pour et non pas chier ! Je chôme donc en pyjama ou bien sapé. J’attends.
J’attends de voir la réussite sociale de mes potes qui se cassent les couilles à remplir les poches d’un
boss ou s’usent la salive à lécher le cul aux clients pour survivre. Je trouve que ça donne une putain
de mauvaise haleine. Alors j’attends. Ce jour -là venu, peut- être bien que je peaufinerai mon cv et
raserai ma barbe …blanchie.

1 commentaire:

  1. waou hahahaha c est vraiment très drôle . je pensais que les nanas étaient les seuls à ne pas s'asseoir dans les toilettes publiques . en y pensant bien pour vous les mecs ça doit être le calvaire. aie , un véritable exercice acrobatiques vue la configuration de votre anatomie . c est presque un exercice de voltige:D

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