jeudi 20 septembre 2012


La fange

On s'ennuie, on déprime, on est malheureux, les sourires affichés sur nos visages  sont devenus si affligeants.
Le christ a porté sa croix.  A chacun  sa croix. Le poids de notre tristesse.
 Monde crasseux et misérable.  Je ne le supporte plus,  je ne supporte plus mon émergence de la nuit, chaque jour. J’ouvre les yeux, fatigué d’avoir à affronter un nouveau jour lassant de redondance, épuisant de monotonie.
Faut que ça change.
Dois-je éduquer les gens qui m'entourent ? Quelle prétention !  Juste j ai envie de leur dire comment on se fait enculer matin et soir.
 Oui faut que ça change.
 Réfléchir me fatigue. Donc je ne réfléchis plus. Je m'en tape de tout.
J’accepte la défaite. Je rentre dans les rangs. Je deviens  bureaucrate sans bureau et conciliant. Je sens la fadeur m envahir. Faire le bien ! Je ne sais pas .ça m'apporte quoi? Le bonheur pour moi est quantifiable. Est-ce que un truc m apporte une plus-value ou pas. Je ne  suis content que quand j ai de l argent. Ça fait mon bonheur. Le bonheur des autres ne signifie rien pour moi. Je ne le cherche pas. Il est aliénant. « On est libre quand on a tout perdu."
5h du mat. Mon insomnie ne me lâche pas. J’ai la mienne aussi comme un bien, un trophée. Je crois la posséder. Stupide illusion : c’est elle qui me hante, m’habite et règle ma vie comme du papier cul. J’essaie regarder  un film à la télé, Mauvaise idée. Le cancre de la classe a réussi, et la première galère,
C est moi tout craché. J’aurais voulu être un bon gros cancre et puis posséder une voiture, un boulot et du pouvoir. J’ai toujours été premier  on ne me permettait pas autre chose. Je galère depuis.
Film de merde. Je change de tactique avec mon insomnie. Je plonge dans le monde virtuel de mon téléphone dernier cri.  Je suis un chômeur de luxe  vous allez me dire. Ouais,  quand j’y arrive. Je fais ce que je peux pour ressembler aux cancres. Donc immersion dans un jeu de course de motos,  3 semaines que je l'ai téléchargé.  Le principe est de dépasser les voitures à toute vitesse et à chaque nombre de points,  tu déverrouilles une nouvelle moto.
Le big challenge est celui de la moto à 70 000 points, Je bloque toujours à 60 000 points. Mon cœur s’emballe, je m’emmêle les pinceaux, Mes mains moites s’énervent, et je perds. Voilà, je viens de développer une phobie. La phobie du chiffre 60 000. Pourtant j ai compris le principe du jeu. Tiens, pourquoi je ne tenterai pas un truc. Si chacun de nous jouait a ce jeu et appliquai des principes simples peut être sa vie serait autre ?
 Ce jeu est un microcosme de la vie. On court tous pour quelque chose. On essaie de rafler des points. Pour obtenir d’autres points ou un truc, une chose .à partir d’un certain moment du jeu on panique. On calcule.  On hésite. On en a beaucoup mais pas assez :  c est les 70 000  qu’il faut. On risque de tout perdre. On continue. Il faut aller jusqu'au bout sinon on reste un misérable  60 000 points. Mais c est le principe : continue. Continue.
 i’ll get you, girl. La vie est une salope.
 Suis-je drôle ? 

1 commentaire:

  1. oui tu es drôle. pas une drôlerie clownesque à laquelle on s'esclaffe en se tapant les cuisses. Non. Alors un humour noir , sombre , cynique ? cela peut sembler ainsi. Cependant à mon sens derrière cette 'noirceur" et cette tristesse et parfois ce pragmatisme qui peut en choquer plus d'un , se révèle une envie d'y croire encore, un espoir de vivre autrement , la recherche d'une issue , et surtout l'éloignement de ce qui t"assujettit et te transforme en pion. Il y a aussi un brin d'insouciance qui pointe de ci de là et la somme de cet espoir et de cette insouciance fait que de noir l'humour devient plein de fraîcheur . Paradoxalement :) Enfin ...je crois :)

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