Azrou, la planète des singes ou mes tentatives littéraires.
Au creux de la forêt,
une place comme une plaie béante. Gravitant autour d’un cèdre séculaire
défunt, des singes, des hommes, des
chevaux venus quêter leur subsistance. Une forte odeur de merde de cheval. Pas de ses crottes de cheval de course BCBG
qui sentent bon le foin, la litière propre et l’argent du tiercé. Non. De la
bonne merde puante de chevaux utiles et
dociles, n’ayant pour vie que de chier pendant qu’ils mendient leur casse
-croute de la journée auprès de retardataires venus titiller les singes , chier
pendant qu’ils promènent des culs et des faux culs sur leur noble dos, chier parce qu’ils sont loin, très loin de
leur destinée d’étalons libres et sauvages honorant de fières femelles à la croupe palpitante. Et ça , ça les fait vraiment
chier.
Mendiants aussi de leur
petite main fragile et délicate quelques cacahuètes charitable, des petites bêtes , qui nous ressemblent tant
cueillent , d’un un effleurement doux,
froid et lisse, les « offrandes » humaines au creux de nos mains
presque sans les toucher, un effleurement confiant et craintif à la fois comme si le contact avec l’humain leur était odieux.
Ils me tirent le bas du pantalon, yeux quémandeurs,
mélancoliques et vides d intelligence.
L’émotion me submerge devant ses petits corps de bébés singes je
chuchote, je bêtifie, avec douceur
presque les larmes aux yeux pensant communier
avec l’autre espèce. fffkhhhhhl !!! Merde j allais recevoir
un coup du gros singe pas du tout mignon,
chef de la troupe assurément, hargneux, violent trainant ses grosses couilles
de chef et imposant sa loi du plus vieux. La réalité te rattrape. Ils en veulent à tes cacahuètes
c’est tout. Rien à foutre du reste. Pourquoi vouloir voir en eux de pauvres
bougres SDF. Ils sont libres et heureux et se moquent de nous.
On continue notre chemin.
Au détour d’un chemin boisé, la vallée, un grand coup dans
l’estomac, le bas ventre. Nos regards
s’emplissent de la beauté originelle. Un désir fou de se confondre en
elle ; un besoin primitif et viscéral de s’oublier hors du temps et de
l’espace . . . la vallée profonde comme un aimant absorbe nos esprit et nos sens. Et me viennent à l’esprit ses mots de Léopold Sédar Senghor dans Femme
noire :
« Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut
col calciné
Et ta beauté me
foudroie en plein coeur, comme l'éclair d'un aigle »
Ma main s’oublie dans la sienne pendant qu’elle réveille en
moi des émotions enfouies. Sa main enduit l’onguent doucement, d’un va et vient lent, insistant et
bienfaisant. Ses doigts enlacent les miens tendrement. Je ne sais plus les
siens des miens. Tout se confond. Ses lèvres se posent délicatement sur ma
main, comme une caresse.
On s’oublie.
Les tensions disparaissent.
L’instant « est luxe , calme et volupté ».
Regrets.





